Euro, pétrole et quinquennat

La boutade de Brecht :"Le peuple a voté, le peuple a mal voté. Il faut donc dissoudre le peuple et en élire un autre...!" passe de la fiction à la réalité. Peu à peu, l’expression des uns, des unes et des autres est remplacée par l’interprétation qu’en donnent les "spécialistes", une nouvelle forme de démocratie, sans doute. Intéressant !


Voilà trois fois en bien peu de temps que l’actualité nous sert une "soupe" à la préparation de laquelle les cuisiniers ont évité de nous convier. Est-il étonnant, dans ces conditions, que la révolte grande ?

Irions-nous vers une naissance de la démocratie où la parole sera donnée aux citoyens et la responsabilité d’écouter à ceux qui jusqu’ici ne rendaient aucun compte réel ?

A voir !

UN AUTRE MONDE

Il y a quelques mois, lors du naufrage de l’Erika, les "Humeurs stratégiques" avaient analysé sans complaisance la nullité de la communication de la compagnie Elf-Total-Fina. Nous avions, alors, tenté d’en trouver l’origine. Une fois de plus, nous avions mis en évidence la modification de la nature intrinsèque de la communication. Une fois encore, nous avions insisté sur le caractère nouveau de la relation qui lie d’une manière générale fournisseurs et clients. Brutalement, crûment même : quel que soit le domaine considéré, quelle que soit notre place et le rôle que chacun de nous y joue, l’individu dans tous les compartiments de sa vie, publique et privée, n’est plus un pigeon passif à plumer. Pas encore partenaire, il se manifeste, manifeste et parvient de plus en plus à faire entendre sa petite musique, même si les "chefs" divers qu’il se donne ne semblent pas encore saisir la nature véritable de la partition nouvelle qui agace leurs oreilles, leurs habitudes et leurs comportements.

Nous avons à plusieurs reprises (pour la première fois dans le n°19 des "Humeurs") analysé ce passage d’une communication de type taylorien (tactique) corres-pondant à un réseau hiérarchique constitué de nœuds de poids différents à une communication de partenariat (stratégique), relative à des réseaux dont tous les nœuds sont équivalents.

La première, encore largement pratiquée aujourd’hui, se développe du sommet à la base de la pyramide sociale et a pour seule et unique fonction, quelles que soient les astuces pratiquées pour la rendre acceptable, de transmettre des ordres. Qu’il s’agisse de la loi, du règlement ou d’une ordonnance médicale, un "spécialiste" s’adresse à un "ignorant" pour lui dicter sa conduite.

Corollaire immédiat : quand les résultats ne sont pas conformes à ce qu’en attendent des appareils technocratiques, c’est tout naturellement que la responsabilité de l’échec est rejetée sur le comportement inconstant, inconscient et imbécile (au sens pathologique du terme) du citoyen, du malade, de l’élève ou de l’agent économique de base.

Le mépris des "masses" (vous, moi, nous autres les pékins vulgaires) que manifestent constamment les "chefs" que nous nous donnons et que notre organisation socio-sociétale pérennise, caractérisé par une extraordinaire arrogance, une morgue même, gouverne leur comportement d’une manière permanente. Dans la mesure où, selon les circonstances de la vie quotidienne, peu ou prou nous nous retrouvons en position de "chefferie", nous ne manquons pas, chacun à notre place, de nous comporter le plus souvent de la même manière.

Du naufrage de l’Erika au référendum danois en passant par le prix de l’essence, la "crise" de l’euro et la modification de la durée du mandat du président de la République française, ce processus s’est déroulé, immuable, sans qu’aucune voix discordante (du moins dans le cadre du système de transmission de l’information qui nous "encadre") puisse se faire entendre.

Autant d’événements, apparemment étrangers les uns aux autres mais dont la répétition est curieuse. Une circonstance qui donne envie de s’y intéresser

EURO : LES FRUITS DE L’ARROGANCE

Nous ne reviendrons pas sur le naufrage de l’Erika, pas plus que sur l’ensemble des commentaires auquel il a donné (et continue de donner) lieu.

Portons d’abord notre regard sur la "crise" de l’euro.

Comment se fait-il que le credo universellement répandu (universellement signifie en Fran-ce, à Paris même, et dans le cercle restreint de "spécialistes" dont la fiabilité des avis est pour le moins discutable), "si l’économie va bien, la monnaie se porte bien", semble fortement mis en question ?

L’histoire de cette monnaie commune, cependant, est fort instructive. Les "crétins" financiers que nous sommes ont toujours cru que la monnaie était un moyen de mettre en œuvre une politique. Aussi, qui dit monnaie commune, implique bien évidemment une politique économique tout aussi commune. A cet égard, le bilan est vite fait. En dehors des brillantes manifestations de la technocratie bruxelloise fondée sur la lâcheté politique de la plupart des politiciens, un regard rapide porté sur divers secteurs révèle que les intérêts divergents de la plupart des nations engagées dans le processus européen, ne permettent guère de progrès ne serait-ce qu’au niveau des harmonisations les plus élémentaires. Alors, les premiers pas, même, d’une politique commune...!!!

Par conséquent, ces marchés, à qui l’on attribue la paternité des déboires de l’euro depuis sa "promulgation", sont parfaitement fondés à manifester leur absence de confiance dans les incantations prolongées qui tiennent lieu de bases politiquement matérielles (ou matériellement politiques). Après tout, étant donné l’usage actuel de l’euro, qui se borne à faciliter des opérations commerciales et financières internes au groupe restreint des nations adhérentes, il apparaît plus comme un système symbolique que comme une monnaie commune. Quant aux démarches nationales, dites convergentes, elles sont visiblement à la merci des mouvements électoralistes les plus démagogiques. Dans la mesure où les "marchés" doivent des comptes aux investisseurs, contrairement semble-t-il à ceux qui manipulent l’argent des contribuables, la méfiance des opérateurs ne paraît pas surprenante.

En fait, ce manque de considération porté à l’euro déborde largement le domaine des échanges monétaires. Il constitue une appréciation directe de l’état de l’Europe en tant qu’entité politique. Il est clair que l’Europe n’existe pas. Chaque fois qu’elle aurait pu... et dû... manifester son existence, elle a manifesté son impuissance.

Impuissance aux yeux de l’observateur extérieur, inexistence aux yeux de l’observateur interne. Là aussi, l’historique est révélateur. L’Europe que nous connaissons a été construite sur des mesures apparemment techniques (en tous les cas, présentées comme telles). En ce qui nous concerne (nous, français), jamais nous n’avons été réellement consultés. Le référendum sur les accords de Maastricht ne traitait pas de l’Europe mais de la Banque centrale et des dérogations diverses accordées à quelques pays. Les décisions sur les dévolutions de souveraineté, matérialisées par les accords d’Amsterdam, qui auraient pu et dû donner lieu à un large débat national ont été prises à la sauvette, en Congrès sans que les citoyens aient été consultés. C’est tout dire !

Là, comme sur d’autres sujets, les commentateurs, les "experts" et autres "leaders d’opinion" n’ont pas manqué de souligner la "complexité" des problèmes, une justification définitive de notre mise à l’écart.

LES MAUVAIS CITOYENS

A cet égard, le Danemark vient d’être le siège d’une intéressante manifestation. Le refus de passer à l’euro a été exprimé par une majorité conséquente. Pourtant, ce qui est révélateur ce sont les commentaires suscités par le résultat, en particulier les considérations à prétention sociologique, qui les ont accompagnés. Le "menu peuple", passablement inculte, inquiet de l’avenir réservé à des "avantages sociaux acquis", visiblement incapable de percevoir l’intérêt général a rejeté une proposition dont toutes les "élites" recommandaient l’adoption. Plus que jamais, nous sommes dans l’univers de Brecht : "Le peuple a voté, le peuple a mal voté. Il faut donc dissoudre le peuple et en élire un autre...!" Et de prédire les pires avenirs au peuple danois, coupable, en fait, d’avoir eu une opinion plutôt que de se fondre dans des propositions qui lui étaient apparemment étrangères. C’est à croire que le droit de ne pas être d’accord avec ses représentants lorsque ceux-ci dépassent les limites des mandats qui leur ont été confiés, et celui de l’exprimer, n’appartiennent pas au mécanisme de la démocratie représentative... tout au moins au Danemark...!

Hélas, ces mauvaises habitudes semblent également les nôtres. En effet quelques jours auparavant, le 24 septembre pour être précis, une écrasante majorité de citoyens français s’est détournée des sentiers bien-pensants que des partisans à peine convaincus ont vainement tenté de leur faire suivre.

Ah, la merveilleuse illustration de l’inadaptation d’un système de représentation politique dont il faudra bien un jour ouvrir le procès sans complaisance ! Ah, la cruelle expression d’indifférence aux jeux de l’électoralisme manifestée par près de 80% des citoyens en âge et en état de voter. Ah, l’étonnante surdité et l’incroyable aveuglement de l’appareil et de ses thuriféraires !

Mais que n’avons-nous pas entendu !

Les abstentionnistes, d’abord. La question posée ne les intéressait pas. Ce qui les intéresse, c’est le prix de l’essence, les impôts, les salaires, bref les choses matérielles : l’électeur n’est qu’un malheureux torturé et prisonnier de ses exigences les plus élémentaires. Il faut, par conséquent, éviter de lui poser des problèmes beaucoup trop complexes pour être saisis par des intellects majoritairement déficients et qu’il y aurait lieu de laisser à l’appréciation des élites.

Et, à votre bon cœur, m’sieu-dames ! Les français pensent que, les français imaginent que...! De toute manière, ils savaient que la disposition était déjà adoptée avant même qu’elle ne soit soumise au vote, etc. Que n’avons-nous pas entendu. Personne, pourtant n’est allé interroger l’un de ces français dont les "experts" lisaient si bien le fond de l’œil. Et si, par le plus étonnant des hasards, cette abstention massive signifiait un refus général de méthodes considérées comme à l’opposé de la démocratie ? Et si les français, cette écrasante majorité, avaient simplement exprimé qu’ils ne voulaient plus donner de blancs-seings et qu’ils entendaient être consultés sur la totalité des projets sous-entendus ? Et si les français avaient voulu rappeler à l’ensemble des professionnels de la politique et des commentateurs que la démocratie fonctionne comme une expression des citoyens à leurs représentants et non l’inverse ?

Mais non, mais non ! Rassurons-nous : l’électeur lambda est inoffensif. Rassurons-le : dorénavant, il ne sera plus consulté sur ces questions hautement techniques dont il est clair qu’elles le dépassent tant est grande leur distance à sa vie quotidienne. Ben voyons ! Au passage d’ailleurs, n’omettons pas de leur faire la morale à propos du caractère incivique de leur comportement. On ne sait jamais, un coup de culpabilisation ça peut toujours rapporter plus tard... en cas de nécessité d’attribution de responsabilité.

Les opposants, ensuite. Bien que leur nombre ait été faible, il est curieux de constater que le jugement porté à leur égard est nettement plus sévère, voire injurieux. Avec des commentaires doctes, pseudo-scientifiques, à caractère faussement objectif, de nature à établir une "typologie" : vieux, rétrograde, conservateur, financièrement aisé (un revenu mensuel à partir
de FF 15 000...???), cultivé (tiens donc !) et localisé, à Paris en particulier, dans les beaux quartiers. Bref, des dinosaures assis sur des tas d’or. Quel rapport avec des dispositions constitutionnelles ? Qu’importe, ce sont des "nantis" et dans un monde où la dichotomie des revenus semble tenir lieu d’imagination idéologique, il ne faut jamais manquer d’insister sur ce point. Bref, ceux-là sont contre, ils savent pourquoi et le manifestent. Cela suffit pour les rendre dangereux et éviter de développer les raisonnements qui les font agir.

Les bulletins blancs, enfin. De bons citoyens au sens civique développé. Ils n’ont pas très bien compris mais, disciplinés, ils sont allés aux urnes et ont ainsi manifesté leur désarroi devant la complexité du problème qui leur était posé. Apparemment, le grand nombre de ces bulletins n’est relevé que pour être mieux négligé.

Non, non, non ! Nous n’exagérons pas, nous avons suivi la plupart des émissions et nous avons dépouillé la presse avec attention. Nous résumons ici, trop crûment peut-être, le regard porté sur nous par l’établissement.

Brecht, toujours, et plus que jamais !

La démocratie, comme la paix des ménages, s’exprime en une formule simple qui en précise les limites : "Quand nous sommes d’accord, nous faisons ce que tu veux ; quand nous ne sommes pas d’accord, nous faisons ce que je veux !"

Ah ! Oui ! Et les bien-votants me direz-vous ? Qu’y a-t-il à dire d’enfants d’autant plus sages et plus disciplinés qu’ils savent déjà que les étapes ultérieures seront parcourues en se référant constamment à cet accord qu’ils viennent de donner.

LE PRIX DU PÉTROLE ET NOTRE INDÉPENDANCE ÉNERGÉTIQUE

Une fois de plus, nous vivons ces pénibles moments où la maîtrise du prix du pétrole nous échappe. Les pays producteurs nous font ainsi périodiquement payer ce qu’ils considèrent comme une exploitation sauvage de leur ressource principale, souvent unique d’ailleurs.

Chaque fois, alors que la santé économique des pays développés paraît au mieux, un choc pétrolier vient menacer ceux qui, pour développés qu’ils soient, sont un peu plus fragiles que les autres. Plus précisément, ceux dont la politique en période grasse manque de prudence. Généralement, après quelques moments difficiles, la situation se rétablit, les membres de l’OPEP saisissant assez vite qu’une politique de revanche à courte vue présente à terme beaucoup d’inconvénients. Jusqu’à la prochaine fois.

Il paraît tout à fait surprenant qu’en ces circonstances, personne ne se pose de questions quant à l’éventualité de la formulation d’une véritable politique de l’énergie. Certes, le poids des importations de pétrole dans une conjoncture de pénurie accompagnée d’un régime de dollar fort, obère nos résultats commerciaux et fragilise notre balance des paiements. Pourtant, les seules réactions des pouvoirs publics se bornent à proposer des plans d’économie sans lendemains et des taxes supplémentaires dont ils espèrent qu’ils nous pousseront à consommer moins.

Il faut pourtant être clair. Si pour Lénine, le communisme c’était les soviets plus l’électricité, la démocratie aujourd’hui, c’est la possibilité donnée à chacun de jouir sans restriction de la quantité d’énergie qu’il pense lui être nécessaire. Toute restriction en la matière est une régression. Se borner au pétrole, au charbon, au vent, à la lumière ou a quelque fermentation artisanale, nous ramènera un jour ou l’autre à réinventer un moyen âge dont le romantisme ne masquera pas la ringardise.

Bien sûr, et périodiquement, dans un délire prétendument écologique, le développement du rail, voire de la batellerie, celui de ressources énergétiques telles que l’électricité d’origine éolienne, la biomasse, le G.P.L. et le G.V.C., sans compter la pile à hydrogène, sont envisagés... du moins au niveau du discours. Notons au passage que la plupart de ces "avancées" impliquent des investissements dont le retour n’est pas garanti. Notons aussi qu’elles entraînent un besoin accru d’énergie que le folklore hélicoïdal ne saurait satisfaire. Relevons enfin que la biomasse, le G.P.L. ou le G.V.C. sont autant de produits carbonés tout aussi polluants que notre pétrole habituel.

La solution existe pourtant. A part les écologistes pour qui l’atome est le mal absolu, la plupart d’entre nous, même si nous ne sommes pas les spécialistes qu’ils prétendent tous être, constatent que la chaudière nucléaire est de loin la technologie la moins polluante (à ceux qui rêvent de l’hélice salvatrice, les "Humeurs stratégiques" conseillent de s’installer pour quelques heures à proximité d’un de ces champs d’éoliennes pour s’y faire bercer par ce sifflement si caractéristique auprès duquel le littoral breton un jour de tempête est aussi silencieux que le plus désert des Sahara). Mais cette technologie n’a de sens que si les centrales fonctionnent 24 h sur 24 h, c’est-à-dire que l’électricité produite pendant les moments creux puisse être stockée sous une forme facilement utilisable. Cette forme existe, c’est l’hydrogène. Nous en avons souvent parlé en remarquant que la substitution du pétrole par l’hydrogène est le complément naturel de la centrale nucléaire. Nous n’y reviendrons donc pas (à ceux qu’une étude plus fouillée intéresserait, signalons l’article paru dans le magazine Sociétal de juin 1998, que nous avons signé avec un de nos anciens élèves, aujourd’hui ingénieur de recherches chez un grand constructeur automobile. Si le numéro est épuisé, un tirage de l’article est disponible par voie électronique sur simple demande à .)

Le bouleversement provoqué par ce passage du pétrole à l’hydrogène est, en fait, beaucoup moins dramatique qu’il serait possible de l’imaginer à première vue. Sa mise en œuvre, beaucoup plus rapide que nous pourrions le penser. En fait, c’est avant tout le fruit d’une décision politique, à prendre après un large débat public sur la base d’arguments seulement partiellement techniques. La peur irraisonnée de centrales nucléaires considérées comme autant de bombes potentielles est avant tout affaire de secret, de mépris et d’arrogance techniciennes. Le plus grand danger en matière de pilotage, c’est l’homme. Tchernobyl fut affaire d’incompétence, les ennuis vécus actuellement par une centrale française sont avant tout liés à des problèmes de relations humaines et d’inconséquence professionnelle. Si nos entreprises publiques ou privées étaient moins inclines à cacher leurs insuffisances, à protéger certaines brebis galeuses, leur transparence permettrait au citoyen vulgaire de ne plus trembler inutilement.

EURO, PÉTROLE ET QUINQUENNAT... MÊME COMBAT !

Eh oui ! Qu’il s’agisse de la monnaie commune, de l’énergie ou de la réforme constitutionnelle, le combat est le même : le droit d’être informé et celui d’informer les autres, la fin d’un système où le citoyen, comme il n’y a pas si longtemps, le travailleur à la chaîne, n’a qu’un seul droit, celui d’acquiescer. Il faut que cesse enfin cette comédie où d’incompétents intermédiaires viennent nous exposer sans vergogne ce qu’il nous est licite de penser tout en excommuniant ceux qui ont le front de penser autrement, hors des sentiers battus du conformisme actuel.

La révolte gronde. Il faut que les politiques apprennent d’autres comportements. Gouverner aujourd’hui, c’est apprendre l’humilité, c’est apprendre à écouter, c’est comprendre que les citoyens sont majeurs et qu’ils doivent être traités comme tels.

En politique comme dans tous les compartiments de la vie, le progrès a créé la diversité, celle-ci a ouvert les possibilités de choix. En politique comme dans tous les compartiments de la vie, la possibilité de choix a émancipé le citoyen. Il serait temps que les professionnels de la politique le constatent et en tirent les conséquences.

Qu’en pensez-vous ?


dimanche 21 juin 2009 (Date de rédaction antérieure : octobre 2000).