Punir ou éduquer

Punir ? C’est donner à la transgression ainsi socialement reconnue, une dimension transcendantale. C’est transformer le mythe en réalité en élevant les notions de bien et de mal au titre de valeurs universelles. Par cet acte, présenté comme un préalable socio-sociétal, nous affirmons l’existence d’un "être suprême". un joli tour de passe-passe qui rend "niaiseries élémentaires" toutes les professions de laïcité. Une question à poser à tous les "bienpensants" et autres donneurs de leçons de rectitude socio-sociétale. Peut-être seraient-ils alors conduits à une nouvelle appréciation de la relativité de toute morale ?


L’insécurité est à l’ordre du jour, encore et toujours. Comme dans toutes les sociétés où la tactique règne aux dépens de la politique et de la stratégie, le sociétaire et ses administrateurs sont obnubilés par le traitement des événements quotidiens. Le temps leur manque. Le nez dans le guidon, ils ne parviennent pas à prendre le recul nécessaire pour réexaminer les hypothèses qui organisent la vision commune du paysage sociétal.

Notre perception du quotidien est d’autant plus floue qu’elle est "régulée" par nos conceptions personnelles du "bien", du "mal", de la morale, de la justice, toutes "valeurs" qui s’organisent autour d’une idée de l’Homme. Cette idée que nous voudrions "transcendante" dépend pourtant des modèles sociaux qui nous organisent. La culture occidentale, arrogante et impérialiste, colorée par le judéo-christianisme, nous rend aveugles et sourds à tout ce qui ne peut s’inscrire dans ses limites.

A cet égard, nos attitudes ne sont pas différentes de celles que nous manifestons face à tout inconnu : tant qu’un modèle d’interprétation n’apparaît pas, nous en nions l’existence.

Aussi, plutôt que de tenter de maltraiter les faits d’expérience pour pouvoir en donner ces interprétations opérationnelles qui se révèlent chaque fois inadaptées, prenons les choses par le début… enfin essayons de…

RETOUR SUR QUELQUES HYPOTHÈSES

Nous, les occidentaux s’entend, vivons dans un monde où toute pensée s’organise autour de deux propositions essentielles :

• il existe un "homme idéal" et, bien que nous n’en soyons que des ébauches imparfaites, son image est la référence à laquelle nous nous rapportons de manière permanente.

• les notions de bien et de mal sont universellement valides et, par conséquent, l’ensemble des propositions de gestion d’une cohabitation, la morale, est transcendante.

Ces deux propositions s’accompagnent de quelques considérations annexes parmi lesquelles, celle implicite depuis toujours, explicitement formulée par
J.-B. Rousseau sous la forme :"l’Homme est bon, la société le rend mauvais !" Une autre, non moins importante, consiste à considérer que toutes les propositions relatives à l’organisation de la société relèvent des comportements de l’Homme idéal en toutes circonstances.

Le problème est que l’association de ces hommes, tous idéaux et fruits d’une imagination dont l’origine n’est pas l’objet de notre propos, conduit à une société tout aussi imaginaire. Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que tous les efforts faits pour en réifier les comportements ne manquent pas d’échouer.

Plutôt que de discuter la validité ou l’invalidité de ces propositions,
tournons-nous plutôt vers le résultat d’observations que chacun, chacune de nous peu-vent faire sur nos comportements.

Inutiles de donner des exemples, quiconque porte son regard sur soi-même et les autres peut en tirer les idées simples, voire simplistes, suivantes :

• ce qui est "bien" pour l’un, n’est pas nécessairement "bien" pour l’autre et la même remarque peut s’adresser à la réalité du "mal" ;

• la société est faite de nous-mêmes et de nos semblables et, les seules caractéristiques que nous avons en commun, sont avant tout animales : se nourrir, se couvrir, se reposer et se reproduire. Au delà de ces besoins élémentaires, nous pouvons constater que nous, les êtres humains, manifestons tous, bien qu’à des degrés divers, un ensemble de sentiments. Leur étendue, même s’ils se classent en catégories générales, sont ressenties de manière purement personnelles. Leur description généralisée nous projette immédiatement dans un monde imaginaire. C’est ainsi que chaque individu est une exception à des considérations générales auxquelles les "spécialistes" le comparent à chaque instant. C’est dire la valeur très relative des théories de l’affectivité.

D’AUTRES HYPOTHÈSES

Au lieu de nous référer à un "homme idéal" ou à quelque morale plus où moins transcendante que ce soit, à partir de nos observations tentons de faire la liste des comportements "inharmonieux".

1. Rappelons pour commencer qu’une société a pour objectif premier de rendre la vie quotidienne plus facile au groupe d’individus qui la constitue (en partant de l’hypothèse vérifiée depuis le "nuit des temps" par l’expérience qu’il est plus facile de survi-vre à plusieurs que tout seul). Dans ces conditions, comme l’individu préexiste au groupe, celui-ci n’existe que par l’adhésion volontaire et consciente de chacun.

[La République de la prise en charge des "faibles", sous prétexte de tendre une main fraternelle aux "défavorisés" a eu pour résultat de créer des citoyens de seconde zone. L’enfer, dit-on, est pavé de bonnes intentions. Nous avons cru réduire des "inégalités", nous avons institutionnalisé l’inégalité au point de la rendre irréversible. La réalité observable est que ces "assistés", devenus "exclus", sont enfermés dans un ghetto matériel, institutionnel et affectif où notre charité d’État les tient prisonniers. Aussi, nous-mêmes, emprisonnés tout autant qu’eux mais dans les rets d’une idéologie de la "compréhension baignée de pitié et de condescendance", au lieu d’aller aux faits nous les noyons sous des flots d’interprétation où leur irresponsabilité et leur a-sociabilité sont réputées naître de leur abandon. Tout y passe, le chômage, l’éducation, la pauvreté, sans que jamais les "bienfaiseurs" qui occupent les tréteaux de la "bienpensance" ne prêtent l’oreille aux criminologues (les pros, pas les autoproclamés) engagés sur le terrain. Ceux-ci constatent tous que ces paramètres, pour importants qu’ils soient, sont loin d’être déterminants.]

2. Cette adhésion entraîne l’engagement d’observer les règles de fonctionnement que la société constituée voudra bien se donner par le moyen qu’elle déterminera de la manière qui aura été prévue au moment de sa constitution. Un engagement entraîne une exigence de responsabilité individuelle. Sociétaire, une transgression de la règle est l’expression d’un refus de l’engagement. Dans ces conditions, il ne s’agit pas de punir mais de tirer toutes les conséquences d’un mépris de l’engagement personnel. En quelque sorte, une rupture de contrat.

3. Ces règles seront simples et répondront à deux impératifs : d’une part, pour être membre de la société, chaque volontaire devra s’engager publiquement è souscrire à l’ensemble des règles de fonctionnement et par écrit. D’autre part, aucun membre ne pourra entreprendre quelque action que ce soit qui pourrait, au cours de sa performance, porter préjudice à un ou plusieurs co-sociétaires. Ces préjudices éventuels feront l’objet d’une liste dont le contenu sera défini par les choix des co-sociétaires.

Mais ce qui distinguera ces règles de fonctionnement de l’arsenal actuel des lois, c’est qu’elles seront énoncées à partir de considérations purement fonctionnelles sans aucune référence ni dans leur esprit ni dans leur forme à quelque précepte philosophique ou moral que ce soit. Notamment, les notions de bien et de mal n’apparaîtront plus, pas même en filigrane. Notre système actuel repose sur une effroyable hypocrisie. Tous nous savons que ces notions sont relatives, qu’elles sont inexistantes pour un grand nombre et, pourtant, nous leur faisons constamment appel en déclinant la mythologie des péchés capitaux sous toutes leurs formes y compris celles auxquelles fait appel la survie la plus immédiate. En outre, et c’est peut-être plus dramatique encore, nous professons une mythologie de la rédemption et, par conséquent, nous attribuons au pardon un double rôle, pédagogique et libérateur qui n’existe, en fait, que dans notre imaginaire.

Il faut donc commencer par parler vrai et agir à partir de l’observation crue des faits. La main mise au collet du transgresseur doit être aussi brutale que sa transgression. La seule explication qu’il pourrait offrir, c’est de n’avoir pas été élevé et, par conséquent, d’ignorer les éléments fondamentaux d’une coexistence en société. Toute intervention devra se partager en deux étapes, poursuivre d’abord éduquer ensuite. Mais dans cette optique, il ne s’agit plus de punir une faute mais bien de rectifier un comportement. Et s’il faut être violent, le groupe doit apprendre à l’être : c’est le prix à payer pour l’aveuglement que nous professons depuis tant d’années. A partir du moment où il ne s’agit plus de punir, tout le discours qui porte sur les circonstance atténuantes n’a plus de sens.

L’équation est simple : une transgression est un acte par lequel se manifeste l’irresponsabilité sociétale d’un individu, quels que soient son âge, son sexe et son origine sociale. C’est la première conséquence de cette "Déclaration des droits de l’Homme" dont "on" nous bassine à propos de tout et à propos de rien. Tentons donc de passer des paroles aux actes. Ces attitudes "compréhensives" qui rejètent sur le groupe la responsabilité qui appartient aux individus ne sont-elles pas une négation de cette égalité proclamée à partir du moment où, tous, nous ne sommes plus égaux devant la loi et son application ?

Et soyons clairs : oui, il y a des individus, femmes et hommes, enfants même, qui sont tout à fait réfractaires à un comportement socio-sociétal, fondamentalement prédateurs et parasites, ils ne reconnaissent la société que comme un terrain de chasse où l’autre est gibier. Cette a-sociabilité, que l’on reconnaît vite, exige que la société s’en défende. Les sociétés primitives qui vivaient souvent sur des procédures d’accord entre leurs membres, plutôt que de les exterminer, recouraient le plus souvent au bannissement. Il y a là des pistes à explorer.

La deuxième étape sera constituée par l’éducation. Et commençons par rappeler une observation que nous avons, toutes et tous, pu faire et que nous pouvons faire quotidiennement. Certaines contraintes qui naissent de la cohabitation socio-sociétale sont hautement désagréables à subir. Pour qu’elles deviennent réflexes, leur apprentissage exige le plus souvent une certaine coercition… quel que soit l’âge de l’apprentissage. Cette coercition quand elle n’est pas exercée dans une optique répressive peut prendre une infinité de formes et de contenus parmi lesquels, il n’est pas sûr que la privation de liberté vécue sous la forme d’un enfermement en cellule devrait être comptée. Il y a d’autres moyens de permettre à un individu d’acquérir les éléments fondamentaux qui feront de lui un sociétaire.

QUELQUES PISTES

A ses débuts, l’Ecole de la République avait deux objectifs. L’un était implicite, celui de préparer l’entrée de la France dans le monde industriel en formant des agents de base ; l’autre explicite, former des citoyens-sociétaires. Le premier était assuré par l’apprentissage des techniques indispensables à la com-munication, la lecture, l’écriture, le vocabulaire, la grammaire, l’observation et la pratique du compte-rendu écrit. Le second, par l’acquisition de la discipline, de l’instruction civique et morale, appuyés dès le premier jour, par l’enseignement et la pratique quotidienne des règles fondamentales de compor-tement des individus réunis en groupes ainsi que de quelques éléments d’histoire et de géographie.

Pour les garçons, à la fin de l’adolescence le service militaire apportait une ouverture sur les autres, autant humaine que géographique, une pratique dirigée de l’action en commun et l’application de règles strictes de discipline, un élément fondamental pour parvenir à une cohésion ordonnée des efforts collectifs.

Tout cela relève d’un passé révolu. Inutile d’y revenir, sinon pour en conserver l’esprit. L’action qu’il y aurait lieu aujourd’hui d’entreprendre devrait mettre l’accent sur cette notion d’individus engagés dans une action collective de survie. A commencer dès le plus jeune âge en introduisant les règles qui régiront la vie des adultes. Le respect de l’autre, de sa propriété, de la propriété collective dans une optique d’appartenance. Il y a mille "jeux" qui permettent d’acquérir ces comportements, chaque "jeu" possède des règles, chaque "jeu" est un apprentissage de comportement socio-sociétal fondé sur un contrat. Une pratique menée dans cet esprit permet de créer un esprit de groupe et développe le sens de la responsabilité individuelle sans laquelle il n’est pas de responsabilité collective. Les enfants peuvent ainsi acquérir la notion de "ce qui est socialement autorisé" et de "ce qui ne l’est pas". L’école est à revoir, de la maternelle au lycée, en donnant autant d’importance à ces apprentissages de comportement qu’aux acquisitions de savoir.

Mais, il s’agit de l’avenir, une longue route qui ne pourra être parcourue qu’avec l’accord opérationnel des enfants et adolescents, des citoyens (parents, voisins, administrateurs) et des enseignants.

Dans le quotidien ? Le changement d’esprit, ce passage de l’Homme idéal à la créature imprévisible qu’est l’être humain à chaque moment de sa vie intime et collective, prendra du temps, de la conviction, de la pédagogie… et de la coercition. C’est une évolution de tous les jours dont nous ne pouvons espérer, au mieux, que d’apprendre à l’initier, puis l’accompagner en sachant que nos erreurs et nos maladresses seront nombreuses et qu’il faudra prendre garde à les rectifier au fur et à mesure que nous les reconnaîtrons.

Certes, certes, mais quid du présent, de ces lieux de "non droit", de l’existence de ces bandes de truands de tous âges, de ces criminels dont nous n’arrivons pas toujours à distinguer d’autres motivations que celles que nous suggèrent une référence à l’idéalité mais aussi de ces comportements individuels ou collectifs qui ne tiennent compte de personne que de soi ou de la "bande" ?

Avant tout, inverser la tendance. En l’occurrence, la seule démarche qui paraît possible est l’application de l’adage "ici et maintenant". Frapper fort sans référence au passé, à l’avenir, à l’évolution improbable vers un comportement individuel plus respectueux de l’autre, des autres. Dans cet état d’urgence, il faut abandonner toute tentative de "compréhension", d’explication, de recherches des origines et des circonstances atténuantes. Quand la maison brûle, il faut d’abord tenter d’éteindre l’incendie et ne rechercher ses origines qu’après sa maîtrise. Ce n’est pas une punition, c’est la reconnaissance d’une rupture de contrat. Foin des considérations sur la morale, le bien et le mal : "Vous avez triché –volé, brutalisé, tué, ignoré une règle de protection d’autrui ?", bref, vous avez rompu ce qui vous faisait membre du groupe. En voici le prix à payer cash et sur l’heure.

Ce prix, il nous faudra le définir sans faiblesse, la sanction extrême étant le bannissement dont mille formes sont à notre disposition. Priver de liberté, par exemple, ne sera plus une punition dont l’exécution serait le paiement d’une "dette sociale". Une rupture de contrat devrait entraîner explicitement une expulsion du groupe pouvant aller jusqu’à l’irréversibilité. Il n’est pas possible de répondre aux violences de tous ordres par la "compréhension" et la pédagogie douce. A la violence, il faut opposer une violence aussi terrible de manière à ce que l’appréciation des risques encourus fasse que le rapport qualité/prix d’une rupture de contrat présente un caractère suffisamment dissuasif pour faire reculer le transgresseur éventuel. Ce n’est plus une question de morale, de sens du bien ou du mal, c’est le renvoi à une notion que l’individu le plus fruste, voire le plus astucieux, perçoit sur l’heure : "est-ce que "ça" vaut le coup ?"

Et pour commencer, il faut se donner les moyens de monter les enchères. Une des premières mesures devrait être de rendre l’anonymat de la transgression le plus difficile possible. Comment ? En rendant le traçage de l’agresseur plus aisé. L’un des éléments en sera la constitution d’une banque d’ADN nationale. Tous les arguments relevant de la dénonciation du fichage collectif sont de faux arguments. Ils ne relèvent que d’une référence à cet homme idéal au nom d’une expression irréaliste de la liberté individuelle. Il s’agit toujours de dénoncer un péril imaginaire en extrapolant des événements du passé extraits de leur contexte. Ces attitudes théoriques et qui ne tiennent aucun compte des faits nous rendent impuissants. Ceux qui n’ont rien à craindre passeront à côté de leur enregistrement sans qu’il intervienne sur le cours de leur vie, ceux qui envisagent la rupture du contrat, voire ceux et celles qui la pratiquent couramment ne tarderont pas à se rendre compte que "si ça a eu payé, ça ne paye plus… !"

Dans le même ordre d’idée, la possession d’une arme à feu non déclarée devra être assimilée à la performance d’une rupture de contrat effectuée et gérée comme telle. Certes, il est possible d’être violent sans arme à feu mais le passage à l’acte devient plus difficile car il exige le contact et une détermination qui ne se développe qu’à l’usage et les filets tendus pourraient bien avoir retenu le futur agresseur pour des actes moins violents.

Enfin, rappeler aux sociétaires que la police constituée n’est qu’une force auxiliaire ; elle ne peut protéger que ceux qui se protègent et qui sont décidés à se protéger. Si cela ne signifie pas le recours à des milices citoyennes. Cela implique de cesser de détourner les yeux et d’accepter en aveugles les multiples transgressions mineures dont nous sommes témoins et, bien souvent, victimes.

Le bagne n’est pas à l’ordre du jour. Personne, cependant, ne pourrait souhaiter exécuter un certain nombre de travaux collectifs épuisants, sans avenir, répétitifs sur une longue période, avec des horaires étendus, sans récréations aucunes. En l’occurrence, la privation de liberté n’est pas une solution. Il faudrait déjà que, prononcée, elle soit accomplie. Ensuite, elle n’est nullement dissuasive en regard du rapport qualité/prix d’un grand nombre de ruptures de contrat. Il ne fait aucun doute que la perspective de douze à treize heures de travail épuisant, chaque jour pendant plusieurs mois et payées au smig sur lequel seraient retenues les sommes dues au logement et à la nourriture, refroidirait les ardeurs d’un grand nombre.

Bref, une autre manière d’envisager les délits et les crimes. Il y aurait sans doute lieu de reconsidérer cette distinction entre crimes et délits à la lumière de cette contractualisation entre les individus et le groupe. La victime, l’instrument de cette rupture du contrat devient alors une partie prenante essentielle dans le processus d’évaluation d’un dommage qui dépasse un simple aspect individuel.

Une manière de réintégrer l’espace socio-sociétal en rendant le sociétariat conscient. La société cessera peu à peu d’être un mythe célébré dans des discours prononcés en dehors de la réalité dans laquelle nous baignons. Il s’agit de rendre les individus responsables avec tout ce que cela entraîne de contraintes personnelles, dictées par l’appartenance à un groupe.

Alors est-ce que "ça vaut la peine d’y penser" et d’inventer des démarches qui seraient immédiatement applicables ?

Qu’en pensez-vous ?


jeudi 9 septembre 2010 (Date de rédaction antérieure : septembre 2010).