Pour des lendemains qui chantent... sur des airs d’économies budgétaires

Ah ! Ciel, les temps sont durs. Heureusement, il y a matière de progrès et c’est la Justice qui nous en donne l’exemple en modifiant joliment la loi pénale de manière à allier la rigueur dans la dépense à la mansuétude dans l’action. C’est à partir de cette conception humaine et généreuse de l’Etat que nous avons tenté d’énoncer une autre manière de gouverner où la diminution des dépenses publiques s’accompagne de la réhabilitation de nos concitoyens si malmenés par une société égoïste.

Voici donc quelques propositions dont nous pensons qu’elles peuvent constituer le socle d’une gouvernance nouvelle non seulement plus juste mais aussi plus rigoureuse en ce qui concerne le budget de la Nation.


POUR UNE JUSTICE PLUS JUSTE, PLUS DÉMOCRATIQUE APPLIQUÉE DANS UN ESPRIT DE VÉRITABLE ÉGALITÉ RÉPUBLICAINE

A tout seigneur (saigneur ?), tout honneur. En l’occurrence-même, "à toute seigneure" (pour extrapoler la "novgram" rocardienne) ! C’est donc par l’exemple que nous donne la "gardienne des sceaux" qui a mis son ministère (au sens le plus chrétien du terme) au service d’une humanité bienveillante qui caresse la véritable victime (autrefois méconnue et désignée sous le vocable dépréciant d’agresseur) en accumulant des décisions courageuses qui, en plus, soulageront le poids de la dépense publique.

Et surtout, gardons en mémoire le socle sur lequel reposent la pensée gouvernementale et son action quotidienne. A savoir (selon une lecture hâtive de J.J. Rousseau) que l’homme est bon, et que seule la société le rend mauvais.

Proposition 1 : La sécurité routière

La politique de sanction pratiquée à l’encontre des conducteurs trop enclins à conduire dangereusement (il n’y a qu’à constater le nombre effarant de citoyens mis à l’amende pour la pratique de ces vitesses excessives de 56 km à l’heure là où la limite des 50 est clairement indiquée pour s’en rendre compte) si elle est génératrice d’un juteux racket n’en est pas moins inutilement dispendieuse. A quoi bon tant de radars, à quoi bon la nécessité de plus de radars encore, alors qu’un simple raisonnement conduit à une solution à la fois démocratique et solidaire. En effet, sachant qu’en moyenne tout conducteur d’un engin, motorisé ou pas, à deux roues au moins, se fait "coincer" au minimum deux fois par mois, créons la contravention républicaine de comportement civique sur la route (CRCCR), tous les premiers du mois au bureau de tabac le plus proche. Le paiement sera authentifié par une carte à puce apposée à l’intérieur du véhicule et lisible par tout fonctionnaire habilité (sergents de villes, aubergines et/ou pervenches, policiers municipaux, membres du corps des CRS, vigiles assermentés, etc) muni d’un de ces lecteurs enregistreurs déjà en service pour constater les stationnements illégaux. Son montant, bien entendu sera indexé sur le nombre d’accidents répertoriés nationalement le mois précédent avec moyenne reprise sur l’année.

Cette contribution citoyenne sera étendue à toute la France. Le montant en sera national de manière à ce que les citoyens, étant tous égaux devant la loi, ne puissent exciper d’un déficit de circulation pour échapper à la rectitude civique. Au passage, notons que cette vignette, véritable passeport républicain, devra être portée par tous les conducteurs, du quatre roues, au tricycle (avec ou sans moteur) en passant par les vélocipédistes, les patinettes, les patins à roulettes et les planches. Un tarif spécial sera appliqué aux mineurs sur conditions de ressources. Son bénéfice pourra éventuellement être étendu à tous les citoyens pour obéir au principe de solidarité républicaine.

Proposition 2 : La politique pénale

Toujours dans le même esprit de partage, de solidarité et d’égalité civique, voici quelques propositions de mesures propres à réintroduire un minimum de décence républicaine dans un climat élémentaire d’égalité nié par cette société profondément hiérarchisée. Il n’est pas admissible qu’un "délinquant" déjà frappé par l’inégalité socio-sociétale soit encore frappé par cette même société pour des actes que celle-ci n’a pas manqué de lui inspirer : halte à la double peine !

• Etant donné, acquis et vérifié par sondages et observations impartialement confiés à des associations de bienveillance républicaine, que la société crée la délinquance en perpétuant l’inégalité, justice sera enfin rendue à cette victime méconnue et improprement qualifiée d’agresseur . Certes, certains comportements qui menacent la paix publique seront sanctionnés mais dans un esprit nouveau : en cas de récidive, les sanctions appliquées seront dégressives . En effet, la récidive est bien évidemment le fruit d’un déficit social dont la pratique ne peut donc être imputée à un être déjà défavorisé.

• En outre, toujours dans ce souci d’égalitarisme républicain, tout enfant né depuis le jour de la promulgation de la loi pénale à rédiger recevra le bénéfice de deux agressions, de deux cambriolages, de douze actes d’incivisme caractérisé. Ainsi toutes et tous acquerront cette expérience de la vie qui leur permettra de faire face aux appareils policier et judiciaire sans distinction d’origine. Exceptionnellement, et dans cet esprit d’égalité républicaine, tout individu pouvant prouver une résidence en France (légale ou illégale) d’au moins dix ans à la date de la promulgation de la nouvelle politique pénale bénéficiera de ce droit élémentaire.

• Enfin et d’une manière générale, tout individu se prétendant victime devra exciper de son identité ainsi que de l’origine des biens dont il prétendra avoir été privé à la suite d’une opération effectuée en ses présence ou absence par des victimes socio-sociétales.

Ces mesures, dont la liste n’est pas exhaustive, sont justement républicaines à deux titres. D’une part, elles sont fondées sur la justice socio-sociétale la plus élémentaire et d’autre part, la simplification de procédures qu’elles entraînent se traduira instantanément par une réduction conséquente du budget de l’Etat en matière de Justice et de Police .

POUR UNE ÉCOLE FONDÉE SUR LE RESPECT ABSOLU DE L’IDENTITÉ INDIVIDUELLE

Depuis des années, tous les gouvernements, tous les ministres et ministresses de l’Education nationale ont vainement tenté de moderniser notre système d’enseignement. Las années passant, le "décrochage" de l’institution est devenu de plus en plus apparent et l’échec scolaire, d’exception semble devenu la règle. Tout y passe !

Pour pallier cette évolution catastrophique, tout a été tenté. Malgré des mesures élémentaires comme la multiplication du nombre de postes d’enseignants et d’enseignantes, la situation semblait incontrôlable jusqu’au moment où les autorités responsables ont ouvert les yeux sur la nature profonde de l’origine des problèmes : le caractère élitiste de l’institution manifesté notamment par des offres éducatives objectivement inégalitaires.

Conséquences de ce nouveau regard, les mesures de progrès se sont succédées. avec pour objectif de rendre le savoir plus accessible, sa présentation plus attrayante et, d’une manière générale, la création d’un climat ludique. Une attention particulière a, enfin, été accordée à l’univers spirituel des élèves, étudiants et étudiantes en revoyant le contenu, véritablement agressif et irrespectueux de la liberté de conscience, de certaines matières.

Parmi ces mesures, choisissons-en quelques unes, toujours marquées par le souci de rendre l’institution plus démocratiquement attractive :

l’allègement de l’attention excessive portée à la rigueur scientifique et à l’exactitude historique,

• la simplification des programmes, notamment en éliminant certains sujets, voire certaines parties de disciplines telles que l’apprentissage de la langue et de l’histoire nationales dont la considération inopportune pouvait frapper la sensibilité des uns, des unes et des autres.

• la suppression quasi totale de repères élitistes tels que la notation et les autres distinctions du même ordre ainsi que des divers avantages qui leur sont attachés,

• la quasi disparition de certaines disciplines propres à troubler l’ordre moral,

• l’introduction de certaines options plus attrayantes (la chasse, la pêche, entre autres) où l’ingénuité personnelle est à même de s’exprimer beaucoup plus largement.

Cependant, bien qu’elles affirment le caractère véritablement égalitariste de l’institution, ces mesures ne font qu’effleurer l’inadaptation quasiment génétique du système. Celle-ci ne pourra être réellement modernisée qu’en allant au fond des choses en bouleversant, l’esprit et les méthodes qui gouvernent son fonctionnement. La mesure essentielle et résolument novatrice qui introduira ce climat d’égalité républicaine que nous souhaitons tous installer est simple, porteuse d’espoir et génératrice dune profonde diminution du budget de l’Etat.

Dorénavant au moment de sa naissance, chaque résident en France recevra un carnet à souches détachables et présentables aux autorités universitaires à chaque moment approprié de la vie du porteur.

Ce carnet comprendra

• une souche "certificat d’études" justifiant l’entrée dans la vie professionnelle et/ou valant ticket d’entrée au niveau suivant,

• une souche brevet,

• une souche baccalauréat

• une souche maîtrise,

et moyennant un versement de 1 Euro, une souche doctorat. Cette dernière contribution, visiblement inégalitaire, se justifie néanmoins par la complexité d’établissement du certificat afférent.

Outre, l’égalité entre impétrants enfin atteinte, cette mesure présente deux avantages au moins. Celui de libérer un personnel qualifié utilisable à d’autres tâches régaliennes qui manquent apparemment de bras et celui d’induire immédiatement un tsunami d’économies budgétaires dont la commercialisation d’un patrimoine immobilier devenu superfétatoire ne sera pas le moindre des bénéfices

ET LE RESTE ?

Tout est dans le principe et la réification d’une conception irréaliste d’un Homme (terme générique qui embrasse la femme). L’hypothèse, mieux le "concept fondateur" étant admis, la loi devient naturelle et s’impose à toutes et à tous comme cet air que nous respirons et qui nous apparaîtra sur l’heure dépollué et nourrissant.

La semaine de 32 heures, pourquoi pas la semaine des trois dimanches en hommage à une polémique née sous le Front populaire ? La paix socio-sociétale au nom d’une égalité de tous les instants née de la médiocrité de tous et l’extinction du genre dans une bouillie hédoniste cuisinée par des écologistes partisans du moindre effort, de la chandelle et des tisanes.

Même ce pauvre Lénine ne s’y reconnaîtrait plus qui croyait que la "Sociale", c’étaient les soviets (sa démocratie) assaisonnés d’électricité (l’énergie bon marché et à portée de tous). Non, la Sociale aujourd’hui ce sont les pommes difformes, le vent, le soleil, l’eau à la pipette et Bernard Palissy au bûcher. Alors, on se la souhaite ?

Chers lectrices et chers lecteurs, nous arrêterons là ce drastique réexamen de nos principes de gouvernance et nous vous laisserons le soin de le compléter tout en gardant cet esprit républicain qui est caractérisé par la recherche de l’égalité de tous, de toutes avant toute autre considération aussi vulgairement mercenaire que la recherche de la réussite et la pratique de l’effort.

L’avenir qui s’offre à nous ne peut manquer d’être réjouissant, sachons le saisir.

Qu’en pensez-vous ?

août 2015
Romain JACOUD


jeudi 3 septembre 2015, par Romain Jacoud (Date de rédaction antérieure : 1er août 2015).