Pour tenter d’y avoir plus clair

Après des décennies de "sieste", la France frémit. Comme si rien ne s’était passé entre la maladie et le décès de Georges Pompidou et le renvoi sans manières de François Hollande (même artificiellement adouci par les salamalecs d’usage), entre les premiers pas d’une France de l’après-guerre dans un monde moderne et son réveil dans le monde du vingt-et-unième siècle, séparés par un demi-siècle de ronron distributeur. La France frémit ? Peut-être car rien ne paraît assuré dans un monde où, brusquement ce divorce, tant de fois dénoncé, entre les dirigeants et la plèbe, semble s’imposer aux regards de tous.

Tout est possible, depuis l’exécution de dirigeants dont l’icompétence le dispute au manque d’imagination, à un renouvellment des personnes, des méthodes et des regards, en passant par des "castings" obsolètes où l’envahissement de la politique (cette projection vers l’avenir) par des gestionnaires (ces "as" de la gestion calibrés par l’ENA) a éteint toute invention..

Tout est possible ! Du retour inattendu et inimaginable (?) de l’ineffable futur ex-ptésident, au règne de la tribune personnalisé par M. Mélanchon à celui de la chanson de Noël fredonnée par M. Macron, au choix si difficile d’une rupture avec la philosophie socio-sociétale égalitariste et culpabilisante en cours que nous offre M. Fillon, jusqu’à se jeter dans les bras maternels de Mlle Le Pen.

Tout est possible parce que personne ne sait plus rien de ces électeurs dont nous venons d’entendre la voix sans être capables de la comprendre sinon qu’elle exprime un ralbol assourdissant.

Alors ?


LA NAISSANCE D’UN ESPRIT OU L’EXPRESSION PASSAGERE D’UN RALBOL ?

Une bien intéressante année, riche en bouleversements. L’avenir nous dira ;s’il s’agit d’un renouveau véritable ou d’un simple mouvement d’agacement des foules.

D’expérience, le Brexit, l’élection de Dinald Trump à la présidence des Etats-Unis, les évictions politiques de Nicolas Sarkozy et d’Alain Juppé, l’éjection sans ménagement de François Hollande, et quelques autres événements en Europe et ailleurs, sont autant de manifestations d’un dysfonctionnement qui "nous" dépasse. Où le "nous" qualifie l’ensemble de presque tous les "happy fews" qui dirigent, prévoient, observent, analysent et sondent tous les autres.

Rarement cette camarilla d’individus respectables, honnêtes, éduqués et souvent compétents n’a montré autant d’imprévoyence, d’aveuglement, de surdité et d’incompréhension. Alors que "tout" était prévu, les unes après les autres, les prévisions étaient démenties sans que, pour aurant ; ne serait-ce qu’ici ou là, quelques interrogations se soient exprimées qui aient entrainé une analyse approfondie des conditions initiales et des dévellopements. consécutifs.

Mais que se passe-t-il ?

"Ce qui se conçoit bien, s’énonce clairement et les mots pour le dire vous viennent aisément… !"

Commençons donc par choisir les mots adéquats. Modèle d’abord : un modèle est une structure intellectuelle qui a pour objet de permettre à la pensée de saisir la globalité d’une situation, de la décrire, de la saisir et d’agir. Explication ensuite : toute situation étant passagère, le modèle qui la résume ne peut être que passager ce qui implique que les explications proposées par sa considération sont tout aussi passagères. Il est donc logique de passer d’un ensemble d’explications (décrivant une vérité éternelle) à un système d’interprétations (qui symbolisent un plénomène passager). Les conséquences de ce jeu de termes appropriés nous permettent de passer d’attitudes dogmatqiues à des comportements pragmatiques ce qui nous conduit à secouer nos habitudes et d’ouvrir les yeux sur les réalités les plus quotidiennes..

Evidemment quand nous passons du dogme au modèle, cette dimension passagère nous apparaît et nous inquiète parce que l’explication d’ajourd’hui s’efface devant l’interprétatuion de demain et nous projette dans l’inconnu. Ainsi, tous nos outils disparaissent et en premier le recours à la comparaison. Comparer, c’est déjà rechercher dans le passé l’exemple qui devrait permettre de saisir les arcanes d’une situation présente. Mais la comparaison dans cette recherche d’une continuité nie dans sa démarche même ; l’existence de la crise c’est-à-dire de la rupture justement avec le passé. D’où des réflexions comme "on a tout essayé" ! Certes mais les situations ayant évolué dans leur ciompréhension même, le recours au passé était inutile.

Les conséquences de ce premier redressement sémantique sont phénoménales. Ce que nous baptisions de "modèle" n’est en fait qu’une accumlulatiion de "dogmes", vérités indiscutables et permanentes complètement inadaptées à la compréhension d’un monde différent. Rien d’étonnant, rien de surprenant à ce que toutes les solutions projetées d’un passé révolu ne donnent aucun résultat : le monde auquel elles s’appliquent a disparu.

Les confusions entre modèles et dogmes, entre explications et interprétations étant levées, les regards que nous pouvons poser sur les évènements qui viennent de se dérouler, sur ceux qui sont en cours, et ceux, enfin, qui nous attendent, prennent un autre caractère.

Pourtant que nous dit-on ? Pour aussi bizarres, inconngrues même qie les "explications" largement "déployées" puissent apparaître, elles rel !èvent toutes de l’application quasi générale du "théorème de Brecht" bien connu : le peuple a voté, le peuple a mal voté, il suffit donc de dissoudre le peuple et d’en élire un autre . Las ; hélas même, si l’inquiétude est générale, la "généralité" des phénomènes semble échapper aux stratéges les plus chevronnés. Et l’application traditionnelle, pourtant, du théorème de Brechi n’apporte aucune compréhension nouvelle. C’est dire à quel point le mal est profond, à quel point l’équilibre du système semble fragilisé, à quel point, enfin, l’impuissance est planétaire.

Le vide n’est donc pas dans l’existence d’un peuple dépassé mais dans les hypothèses sur lesquelles repose le dogme de la bien-pensance. Oh, les prémisses sont partagées par tous : il y a divorce entre le "peuple" et les "élites". Une incompréhension quoi ! Le problème c’est que l’origine de cette incompréhension ne réside pas dans la stupidité des citoyens mais dans l’aveuglement et la surdité des dirigeants qui s’obstinent à administrer un monde qui n’existe plus. Enfin, notre représentation de la société, date de près de soixante-dix ans et l’appareil de gestion ne semble avoir évolué qu’à la marge, sans tenir compte ni de l’évolution des mœurs de la plupart ni de celle des conditions de la vie quotidienne.

Cette école du regard bienveillant posé par des "élites", un groupe auquel l’accession est fondée sur l’obéissance à un parcours gouverné par des lois de l’ombre et jamais mises en doute. a fait son temps Le circuit de formation, son contenu, relèvent d’objectifs ésotériques immuables ; le problème naît de l’inadaptation des cursus à l’évolution des fonctions. L’X était supposée former des artilleurs, puis des ingénieurs, l’ENA, des commis de l’Etat. Ni l’une, ni l’autre de ces prestigieuses institutions n’étaient prévues pour former des hommes et/ou des femmes politiques, c’est-à-dire des individus,,professionnels, capables d’une pensée politique, d’une vision de l’avenir. Un enseignement figé, ordonné selon des plans de carrière, tous respectueux de la tradition et des "bons usages" mais incapables d’imaginer le futur.

UNE SUITE DE SURPRISES

Oui, "on" a tout essayé, l’ennui c’est que l’environnement a changé et que les méthodes d’hier sont incompatibles avec les exigences de demain, d’aujourd’hui déjà. Quoi de surprenant de constater cette succession d’événements inattendus, pire imprévisibles, quoi de suprenant à ce que des explications s’ajoutent à autant d’exolications sans que cet appareil qui devrait tout éclairer ne nous plonge dans la nuit noire de l’incompréhension définitive. Et c’est le choc, brutal et démoralisant, entre l’avuglement et la surdité des dirigeants. et l’expression quotidienne d’une réalité jusqu’ici négligée.

Ainsi, par exemple, l’idée même que l’on puisse condidérer qu’il existe un "traitement social" du chômage est une aberration. Jamais, et en aucun cas, l’Etat n’a été "créateur d’emplois" sinon la plongée dans une bureaucratisation suicidaire. Le monde de l’emploi est le monde marchand et il n’est de "lutte contre le chômage" qui puisse être plus positive qu’une "lutte pour l’emploi".

Hélas, cet exemple, comme lrant d’autres, met en évidence l’inadaptation des analyses actuelles, c’est-à-dire de l’obsolescence de ce "modèle français" dont "on" ne cesse de vanter la puissance et la valeur sociales. Pour autant, pas une prévision qui ne se soit révélée inexacte, pas un retournement même passager de conjoncture qui n’ait été raté, btef le climat d’une indapatation évidente des instruments d’interprétation qui ne semble apparaître à quiconque… surtout pas aux princes qui nous gouvernent..

En fait, cette "série" de surprises qui bouleverse les eaux dormantes des démocraties occidentales est une manifestation planétaire de sclérose des cercles dirigeants qui rend impossible toute projection dans l’avenir qui ne serait pas qu’une extrapolarion sans objet d’un système obsolète. Rien qu’en France, par exemple, combien de mesures, intéressantes dans leur principe se sont dissoutes parce que proposées dans des termes qui ne prenaient en compte que des caractères dépassés. Il est quand même difficielment acceptable que jamais l’Assemblée nationale ne se soit penchée sur l’accumulation des textes légués par des périodes révolues et qui font de la législation un musée d’antiquités, culturellement admirable mais marétiellement le frein le plus puissant à toute évolution. Il nest pas une mesure, un réglement, un texte de loi qui ne fassent réfétences à des situations ancuennes. Un exmple : le statut d’autoentrepreneur bâti sur ke principe d’une entreprise dont on aaurait supprimé la quasi totatlité des employés. Un autre : les textes du permis de conduire, une accumiulation de mesures destinées à mettre au goût du jour un code fondé sur quelques régles de politesse en des temps où les automobiles étaient comptées avec les doigts d’une seule mein et où les priotités donnaient lieu à des coups de chapeau sinon à des gestes de la main, le tout à des allures de sénateur.

Des surpises ! Quasiment celles de "sauvages" habitués à la communication par tambourins à qui on présente l’internet..La modernité se bornant à numériser les sons, sans se poser la question simple de l’adaprtation des méthodes à la puissance du nouvel outil avec une conséquence immédiate, la construction permanente d’usines à gaz.

A chaque instant de nos vies publique et privée, les inadaptations apparaissent entre la réalité quotidienne, les textes qui la régissent. et les méthodes mises en œuvre. La méthode générale de gestion de chacun de ces "heurts" entre "théorie" et "pratique" semble tirée des principes qui gouvernent la pensée de Jupiter au cours de son entretien avec Alcmène dans l’Amphytrion 38 de Gitaudoux..[Cette scène où Alcmène tente d’expliciter le contenu de l’amitié à un Jupiter règnant, parfaitement étranger aux circonstances matérielles..]

Surprises ? Sans aucun doute car aucun appareil théorique ne permet de lire le présent, et rien ne permet d’envisager le futur le plus immédiat. Suirprise car rien n’est prévu et à un point tel que la gestin des événements est constamment en retrad sur les événements eux-mêmes. Pas un seul domaine des interventions de l’Etat qui n’en apparaisse un exemple, tout y passe. L’école, les transports, la santé, l’emploi,.., rien vous dis-je qui ne soit exemmplaire de cette perte de maîtrise. Pire, il n’est pas de décisions qui ne soient marérialisées par des mesures qui portent en elles-mêmes les stigmates de leor inadaptation,. fille du dogmarisme qui a dirigé leur application, sinon leur conception.

[Aonsi, par exemple, les rapports entre les mesures prises par la Mairie de Paris relatives à circulation aitomobile. Sensées dans leur principe mais mises en œuvre sans aucune référence à la vie des uns et des autres. Résultats : quoi qu’on en dise, une augmentation de la pollution, une aggravation des problèmes de déplacements, une gêne pour le commerce local, et bien d’autres inconvénients qui rendent plus difficile encore la vie des banlieusards comme celle des parisiens.]

ALORS ?

Cette inadaptation générale, ce "ver" qui ronge toute décision, toute mise en œuvre est quasiment générique. Il est la marque indélébile de ce péché priginel qu’est la manipulation d’un appareil d’interprétation invalide parce que les hypothèses qui le fondent appartiennent à un passé révolu. Et il en sera ainsi tant que nous ne tenterons pas de formuler un modèke actuel.

La constitution d’un modèle, sa formulation, son application à l’interprétation des ébénements est le résultat d’un processus collectif. Il est la simme d’observations, de collation de faits apparemment indépendants et d’une vision fulgurante des éléments commins à de multiplrs phénomè,et. Il est rare que son édification soit immédiate et sa formulation opérationnelle est faite d’une succession d’essais, d’erreurs et de réussites partielles jusqu’au moment où, pour on temps, sa capacué prodictive s’umpose à travers les résultats que son application permet d’obtenir.

C’est dire que dans l’état acruel des cjoses, il fut colmmencer par oberver les événements, leur évolution et tenter de déterminer l’existence dé points communs Plutôt qu’à la qustion "comment", c’est au "pourquoi" qu’il faut s’attacher. Au "pourquoi" ou mieux encore à "l’à quoi ça sert". Tentons l’aventure.

Le travail ; à qiuoi sert le travail ? Bien sûr à gagner sa vie, donc à manger, à se loger, se vêtir, bref à permettre au "travaillleur" d’assurer sa survie. Certes, certes mais, nous ne vivons pas isolés er notre expérience du "non-travail" nous indique que le non-emploi, ne serait-il que passager nous exclue du fonctionnement socio-sociéral. La travail a donc une autre fonstion aussi importante car il met en évidence une autre coondition de la survie, l’apparenance au groupe, la socialisation si ,l’on préfère. Pourtant ;il existe des travailleurs indépendants, isolés ceux-là ne sont pas pour autant des exclus. Peu à peu en pousuivant ce questuinnement, en observant les situations diverses où s’organise le travail, nous constituons un ensemble aux multiples facettes qui représente le travail, ses rapports avec les individus qui l’exercent, avec le gtoupe dans son ensemble avec les conditions diverses qui entourent son exercice, ses rapports, avec le groupe plus large, cet ensemble désincarné que l’on appelle la société. De cet assemblahe hétéroclite, chaotique même, se dégagent peu à peu des règles plus générales qui permettent de décrire plus précisément la fonction du travail, sa place dans la constitution du groupe, son rôle dans le "vivre ensemble" et, en fin de compte, les conditions générales de son "existence". Cela fait, il devient alors possible d’introduire les notions de métier et les conditions de son exercice, jusqu’à aboutir enfin à la défiition précise des conditions de son exitence.

Chemin faisant, nous avons intoduit des notions telles que le "vivre ensemble’, la ’société’, les métiers etc... Toutes "grandeurs" liées entre elles et à d’autres éléments de la vie collective et de sa projection individuelle et nous avons commencé à jeter les bases de la ’société". C’est dire l’importance de la formulation de ce modèle qui nous permet de maîtriser cett appareil socio-sociétal qui organise notre cadre de vie et nous asure une certaine maîtrise de nos existences collective et individuelle.

Ce qui est essentiel, c’est que pour parcourir cette démarche, nous n’avons fait appel qu’à notre onservation constante du réel, nous n’avons pas observé le passé, nous nous sommes bornés au présent. Peiut-être que, chemon faisant, nous pouvons retouverr des caractères qui nous renvoient à une permanence du passé, peut-être pas ? C’est là qu’apparaissent des visions de rupture ou de continuité qui nous permettent soit de rompre avec le passé, soit d’en extrapoler les états antérieurs. Mais quoi qu’il en soit, l’appareil obtenu nous permet d’interpréter le présent, d’imaginer un avenir et de prévoir les décisions à prendre pour survivre et développer le groupe.

Alorsn on s’y met ?

Qu’en pensez-vous ?

décembre 2016
Romain JACOUD


mercredi 7 décembre 2016, par Romain Jacoud (Date de rédaction antérieure : 7 décembre 2016).