Chômage ! Vous avez dit chômage ?

 L’irruption de l’informatique et son intégration à l’électronique a ouvert l’âge de l’automatique. Nous n’avons plus besoin d’O.S. mais d’inventeurs dont le métier doit être de créer les objets qui satisferont ces exigences individuelles et de mettre au point les automates qui les fabriqueront. Nous n’avons même pas une idée claire de ce que devra être l’organisation du monde futur, ce futur qui sonne déjà à notre porte. Que faire ? 


 Citation invitée (à vous de juger) : Les mots sont la menue monnaie de la pensée. Il y a des bavards qui nous payent en pièces de dix sous. D’autres, au contraire, ne donnent que des pièces d’or.

Jules Renard 

Depuis des années, la réalité sociale de notre pays s’exprime dans un environnement dont le chômage constitue l’élément essentiel. Il n’est pas un succès, pas un échec, pas un regard sur l’avenir, pas un examen du passé, pas une plongée dans le présent qui ne commencent par une rencontre avec le chômage. Chômage des jeunes, des seniors, des "quadras" et des "quinquas", chômage des exclus du système scolaire, chômage des diplômés, voire des "surdiplômés", la liste des victimes n’en finit pas de s’allonger. Comme la peste noire au Moyen âge, la grippe espagnole après la Grande guerre ou le Sida aujourd’hui, le chômage présente toutes les caractéristiques d’une pandémie qui résiste à tous les remèdes connus et qui s’abat sur des populations sans défenses.

Le corps médical -entendez les acteurs du champ politique, les gouvernements et leurs experts- est impuissant car les médicaments dont il dispose - entendez les idéologies- sont autant d’emplâtres appliqués sur des jambes de bois. Rien n’y fait.

Pourtant dans le passé, avant-hier plutôt qu’hier, certains remèdes semblaient agir, passagèrement au moins. Ainsi des interventions de l’Etat au niveau de l’allègement des taxes, des dégrèvements, des suspensions de règlements mal adaptés, bref des assouplissements en tous genres de l’interventionnisme de la puissance publique.

Devant cette impuissance "pharmacologique" et l’incapacité d’inventer un antivirus, il faudrait, peut-être, se poser quelques questions, certes élémentaires, mais radicales (en redonnant à ce vieux mot son sens initial : celui de la liaison avec les racines). Et pour commencer, n’y aurait-il pas lieu de s’interroger sur la nature actuelle du travail comme sur les conditions dans lesquelles il s’exerce ?

Voyons un peu.

RETOUR SUR QUELQUES ÉVIDENCES

Enfants de notre passé et de celui de nos ancêtres, commençons donc par nous poser deux questions essentielles :

- Pourquoi produisons-nous ?
- Comment produisons-nous ?

Pourquoi ? Parce que le quadrupède original (sinon originel), une fois debout, s’est trouvé dans la nécessité de lutter pour survivre.

Comment ? En inventant et en, produisant à chaque instant des outils plus performants.

Notons au passage que, probablement très vite, ce bipède nouveau a réalisé qu’il était plus facile de survivre en bande que tout seul. C’est ainsi, sans doute, que le phénomène "social" a pris naissance. Il en résulte qu’une société n’existe que par son "à quoi ça sert". A mesure qu’ont évolué les environnements techniques, c’est-à-dire les moyens que le groupe pouvait mettre en œuvre pour atteindre son objectif permanent de la survie, la société, instrument de cette survie a elle-même évolué.

Les conditions initiales de survie ont été déterminantes en ce qui concerne le contenu de ces "à quoi ça sert". Survivre sous un climat chaud, sinon tropical, ne conduit pas aux mêmes solutions que celles développées sous un climat tempéré ou franchement glacial. La recherche du vivre et du couvert incite à des comportements fondamentalement différents selon la nature des espaces où elles s’expriment.

Ainsi dans le froid, l’essentiel de l’activité humaine est consacré à se chauffer et à se nourrir sans laisser quelque place à la poursuite de tout autre objectif (la perpétuation de l’espèce exceptée). A l’Equateur, la facilité avec laquelle les besoins de survie peuvent être assurés ne pousse pas les membres du groupe à la recherche d’améliorations fondamentales. Rien d’étonnant, par contre, à ce que les groupes résidants dans des régions tempérées aient été conduits à la maîtrise de leur environnement. Pas assez chaud pour attendre de la nature qu’elle pourvoie à la survie sans investissements exceptionnels, pas assez froid pour mobiliser toutes les énergies pour se réchauffer et se nourrir. Par conséquent, l’existence de conditions telles que leur amélioration apparaisse possible.

Dans la mesure où l’humanité, née "au chaud", s’est largement développée dans la "tiédeur", la supériorité de l’approche mécaniste de l’amélioration des instruments de la survie observée au voisinage du quarante-cinquième parallèle ne paraît pas surprenante.

Quelles qu’aient été les formes successives qu’ont connues les sociétés occidentales, la recherche constante de la fabrication des outils les plus adaptés a été le moteur unique de l’évolution sociale. C’est ainsi que nous sommes passés de l’artisan à l’atelier, puis à l’usine. Cette évolution due aux progrès de la technique et de la technologie qui permettaient de rendre le processus de production de plus en plus performant, a façonné de manière permanente notre organisation sociale.

Survivre comment ? En fabriquant mieux, en fabriquant plus ! La conséquence la plus évidente de cette affirmation s’exprime dans la traduction politique de "l’à quoi ça sert". Sous l’Empire, sous la Monarchie, sous un régime dictatorial ou sous un régime de démocratie représentative, c’est toujours la même structure : celle qui est gouvernée par l’exigence d’une réponse à la question "comment".

Jusqu’ici, la matérialisation de la réponse s’exprimait dans une société hiérarchique fondée sur la compétence relative des divers échelons. Chaque révolution (le phénomène portait bien son nom qui remplaçait des "chefs" par d’autres "chefs") se gardait bien de toucher au mode de pensée dominant, la déduction, qui organisait le processus de production. Le progrès de l’Humanité était assuré de manière aléatoire par des marginaux, les inventeurs, dont le mode de pensée, l’induction, était complètement antinomique du mode de pensée dominant. C’est pourquoi, d’ailleurs, si l’invention était socialement récupérée, l’inventeur, par essence dangereux, était généralement mis à l’écart, pendu, brûlé, exécuté, jeté dans un cul-de-basse-fosse ou, dans les meilleurs des cas, exilé.

C’est ainsi que nous sommes passés d’un monde agricole à un monde industriel où l’usine a employé sans problèmes majeurs (exceptées, ci ou là, quelques jacqueries vite réprimées à des époques moins soucieuses de sang collectivement versé au cours de répressions parfois limitées mais toujours féroces) les ouvriers agricoles dont les emplois ont été supprimés par la modification radicale des modes de production.

De temps à autres, certaines adaptations rendues nécessaires par la mise en œuvre d’évolutions techniques marginales, créaient quelques dysfonctionnements de la machine sociale. Mais les ajustements qu’elles entraînaient ne mettaient pas en cause l’organisation sociale en vigueur.

CE N’EST PLUS LE MÊME CHÖMAGE…

Ce n’est, semble-t-il, plus le cas. Le chômage, jusque là accidentel, est devenu un mal permanent. Et si, ailleurs qu’en France, il semble combattu avec plus de succès, il n’en reste pas moins qu’il n’est vaincu nulle part, pas un pays n’étant immunisé contre sa résurgence à tout moment possible.

Alors ?

Le chômage que nous observons actuellement touche des industries jusque là gourmandes en main d’œuvre. Si dans certains secteurs, l’industrie crée des emplois, ceux-ci sont nettement moins nombreux que ceux qu’elle supprime dans des secteurs plus traditionnels. En outre, les emplois créés exigent généralement une technicité inconnue jusqu’alors. Dans le passé, cette rupture entre secteurs créateurs d’emplois et ceux qui en détruisent a déjà existé. Les bouleversements qui ont accompagné le passage d’une France principalement agricole à une France résolument industrielle à la fin du 19ème et au début du 20ème siècles en sont une des grandes manifestations. Mais à cette époque, l’industrie naissante créait tellement d’emplois que les bras libérés par l’évolution de l’agriculture étaient insuffisants au point qu’il a fallu recourir à des immigrations massives de main d’œuvre étrangère. La situation est aujourd’hui complètement différente. Nous étions passé d’un monde agricole et individuellement artisanal à un monde où, malgré l’introduction de la division du travail, l’industrie n’était encore qu’un artisanat généralisé et où l’usine n’était qu’une juxtaposition d’ateliers. Le progrès technique et l’évolution des technologies a peu à peu bouleversé le mode de production. La machine de plus en plus évoluée a réduit l’ouvrier-artisan à n’être plus qu’une excroissance. C’est la situation que nous connaissions hier encore sous sa forme la plus optimale : le système taylorien.

C’est alors que l’essor de l’électronique et l’invention de l’informatique ont donné naissance à l’automatique, c’est-à-dire au développement de la machine intelligente, du robot, supprimant la nécessité de l’excroissance humaine. Dès lors, la mort de l’O.S. était programmée et, avec elle, s’instaurait le règne du chômage permanent. Il en résulte que tant que notre société n’aura pas intégré les conditions nouvelles qui organisent le monde, nous sommes condamnés à assister dans l’impuissance à la mort d’un système devenu obsolète…, avec son cortège de drames, de souffrances et de destructions.

UN NOUVEAU MONDE, DE NOUVEAUX BESOINS, D’AUTRES EMPLOIS…

Notre organisation sociale, dont "l’à quoi ça sert" était de permettre le fonctionnement le plus harmonieux d’un monde taylorien s’effondre en même temps que lui. A quoi pourrait servir la perpétuation d’une structure hiérarchique dans un univers où la machine est programmée et où chaque groupe d’instructions se substitue à une strate humaine ?

L’irruption de l’automate dans le processus de production dépasse de loin une simple modification des procédures. Elle entraîne la possibilité de satisfaire la moindre des idiosyncrasies individuelles au moindre coût en même temps d’ailleurs qu’elle libère l’expression des désirs. Nous n’avons plus besoin d’O.S. mais d’inventeurs dont le métier doit être de créer les objets qui satisferont ces exigences individuelles et de mettre au point les automates qui les fabriqueront. C’est dire que nous n’avons même pas une idée claire de ce que devra être l’organisation du monde futur, ce futur qui sonne déjà à notre porte.

Des milliers d’emplois sont d’ores et déjà disponibles parce que ceux-là mêmes qui sont au chômage refusent de les occuper. D’autres milliers, sinon de centaines de milliers sont à créer. Dans l’un et l’autre cas, il apparaît que notre organisation sociale, notre conception du travail, donc de l’emploi ne correspondent en rien à ce qui est nécessaire. De l’O.S., simple outil rejeté par l’opinion publique au rang des "éta" japonais ou des"intouchables" hindous, à l’artisan, il y a une distance que notre snobisme du diplôme ignore. Le mépris que nous avons du travail manuel et que nous suçons aux lèvres de notre "alma mater", l’ignorance de la plupart sur le contenu de l’artisanat sont aussi responsables du chômage que l’évolution des techniques et de la technologie.

Mais tout est loin d’être perdu. Nous avons, semble-t-il, entrevu la demande nouvelle de "services à la personne" mais nous sommes encore loin d’en avoir envisagé toute la dimension. Il n’est pas d’organisation de type industriel qui puisse y répondre dans la mesure où notre exigence de personnalisation commande une écoute individuelle. Les besoins sont là, ce qui manque ce sont les moyens de les satisfaire. Naît ainsi le marché infini d’un nouveau type d’artisanat qui couvre quasiment tous les champs de l’activité humaine qui échappent à l’intervention du robot. Il s’étend de l’électricien, au plombier, au maçon, en passant par tous ces "résoluteurs" des problèmes posés par la vie quotidienne. Bref, tout cet espace qui existe entre les solutions collectives et les besoins individuels.

Inutile de se lancer dans des énumérations, il suffit de laisser parler nos frustrations permanentes. Nous avons, pour de multiples raisons, "dispersé" notre habitat. Il en résulte que le besoin est déjà apparu, et se développera de plus en plus dans les années à venir, d’un autre type de services à la personne, aux groupes et aux communautés. Ces services relèveront aussi bien du troiisième âge que du quotidien de ceux, aussi nombreux, dont le style de vie exigera de laisser à d’autres le soin de tâches diverses. Courses alimentaires, surveillance des enfants, démarches administratives et mille autres gestes qui nous semblent aujourd’hui le fruit d’une imagination débordante mais qui répondront demain à des nécessités évidentes. Les réponses que nous inventerons alors ne seront plus des extrapolations des services actuels. Elles ouvriront des champs encore imprévisibles.

Alors ? Ya ka ? Hélas non, car pour s’attaquer au problème, il est nécessaire de commencer par accepter la disparition programmée, inéluctable et définitive d’un monde hiérarchique où le mode de pensée dominant était la déduction. Il va falloir s’habituer au remplacement du "chef" par la conscience individuelle du devoir. Notre survie passant par cette prise de conscience, ne paniquons pas, elle s’installera peu à peu. Mais en attendant, et pour commencer à préparer l’avenir en défrichant peu à peu le présent, voici quelques propositions dont certaines peuvent être mises en œuvre sans grandes difficultés. Chacune d’entre elles sera accompagnée de propositions de mesures particulières. Mais soulignons bien qu’il ne s’agit que d’idées tout à fait triviales. Elles devraient mettre en œuvre toute une réflexion qui pourrait ouvrir bien d’autres perspectives. En l’occurrence, l’administration, si son intervention s’avérait nécessaire, devrait se limiter à permettre l’éclosion de toutes les idées nouvelles en facilitant l’ouverture de tous les champs d’expérience mis à jour.

Il serait souhaitable de développer une formation professionnelle à certains métiers de "proximité" dont l’utilité est évidente : les métiers de la maison, plomberie, électricité, chauffage, petite menuiserie, dépannages de tous ordres. Charger les Chambres syndicales de mettre ces formations en œuvre en choisissant aussi bien leur contenu, leur déroulement que les formateurs. Réinventer un C.A.P. des adultes de manière à leur adapter les voies et les moyens. Nous avons trop souvent cru que la formation professionnelle des adultes n’est qu’une modeste extrapolation des formations initiales. Il faut confier cette tâche à des professionnels, pas à des généralistes de la transmission des savoirs.

Mais il ne suffit pas de fournir un bagage technique et une expérience, soient-ils de qualité, encore est-il indispensable de créer les conditions matérielles et "morales" nécessaires à leur mise en œuvre. Cet accompagnement soulève une grand nombre de questions de nature et d’importance diverses. Ainsi ne faudrait-il pas :

- recenser, puis inventer ces services au fur et à mesure que leur nécessité apparaîtra ;
- créer des "petites agences" capables d’assurer éventuellement la gestion comptable des opérateurs (facturation, comptabilité, secrétariat) ;
- inclure une formation à "l’intelligence’ de la gestion d’une entreprise artisanale ;
- créer un "corps" de tuteurs ,

et parallèlement de

- donner au "travail manuel" un statut social ;
- prévoir une réglementation appropriée qui organise l’exercice de ces microentreprises (fiscalité, protection sociale, garantie, assurance, etc..) ;
- organiser leur financement ;
- garantir les prêts nécessaires à l’équipement.

Ce ne sont là que quelques pistes incomplètes et sans que ce soit appliquée la puissance des imaginations individuelles et collectives que pourraient déclencher quelques expériences menées dans un esprit d’ouverture.

Comment les financer ? Dans la mesure où elles deviendront aussi sociales que l’ont été ces emplois industriels en voie de disparition, il serait possible d’imaginer un type d’assurance mutualiste et solidaire, un abonnement, en quelque sorte. Constituer un système de fonds communautaires sur la base d’un prélèvement de quelques euros par mois tout au long de la vie. Ce n’est là qu’une piste parmi d’autres, à peine originale d’ailleurs…

Mais tout cela ne serait que sans espoir et sans lendemain, si le système de formation initial, de la maternelle à l’enseignement supérieur, n’était réanalysé à la lumière de quelques hypothèses créatrices. C’est en tenant compte de ces caractéristiques nouvelles de l’organisation sociale à venir qu’il serait souhaitable (une litote) d’énoncer les "à quoi ça sert" des formations à inventer. Certes, les considérations que nous avons développées plus haut peuvent apparaître comme du "wishful thinking" car nous sommes bien incapables d’en inventer le détail mais il est plus que vraisemblable qu’il faudra inventer des méthodes dynamiques qui permettront à chacun de se saisir de savoirs nouveaux au fur et à mesure qu’ils apparaîtront. Si l’Ecole de demain s’appuie encore sur la présence de maîtres, ce qui est sûr, c’est qu’ils ne seront plus des "distributeurs" de savoir.

Il en est de l’institution d’enseignement comme il en est de la justice ou des transports : ces secteurs sont devenus la propriété des fonctionnaires ou des agents qui les emploient. Au départ exécutants d’une politique, c’est-à-dire metteurs en œuvre des choix de la puissance publique, prétextant une expertise, ils ont imposé leurs points de vue à la Nation et se sont attribué l’exclusivité de la définition des objectifs, des contenus et des validations. Toute mise à jour du système doit commencer par une réappropriation des procédures de choix par les citoyens. C’est à eux et à eux seuls qu’il appartient d’énoncer les "pourquoi" et les "à quoi ça sert" fondateurs comme c’est à eux et à eux seuls qu’il appartient d’imaginer les "comment" qui permettront d’atteindre les objectifs fixés par la communauté. Il est temps de rappeler à tout ces techniciens qu’ils ne sont pas des maîtres, tout au plus des serviteurs. Même si, ici ou là, certaines interventions sont admirables, la faillite collective du système devrait imposer à tous les acteurs un sentiment d’humilité qui leur manque cruellement. Peut-être découvriraient-ils les vertus de l’écoute et prendraient-ils conscience, enfin, de la distance qui sépare leur action de la réalité qui les entoure.

Pourquoi pas des Etats généraux de la formation ouverts à tous mais où seuls les "utilisateurs" , parents, élèves, étudiants et employeurs auraient droit à la parole ?

Pourquoi pas, une agence d’évaluation réunissant les syndicats "ouvriers" et patronaux qui aurait pour mission d’indiquer à l’ensemble des étudiants les capacités d’absorption des divers secteurs de l’économie ?

Pourquoi pas une mission permanente attribuée au Conseil économique et social d’évaluation des besoins de formation permanente ?

Oui, la situation est à ce point grave. Le temps n’est plus à des réformes partielles. Seule une remise à plat générale et une construction nouvelle fondée sur l’énoncé périodique des "à quoi ça sert" permettront de créer un système dynamique de formation, capable de répondre sur le champ à toutes les évolutions de l’environnement technologique, économique et social.

Qu’en pensez-vous ?
Romain JACOUD


mercredi 12 novembre 2008 (Date de rédaction antérieure : mai 2006).